Le blog qui donne gout a la piste !
8 Janvier 2013
2 : LA MOTO
2 choix s'offrent à vous : rouler sur piste avec votre moto de route, ou acheter une moto uniquement dédiée à la piste.
Avec une moto de route :
Soit vous utilisez votre moto de tous les jours, soit vous utilisez une moto de route (avec Carte grise) que vous transformez en moto de piste. Dans le premier cas, votre moto de route devra être un minimum « préparée » avant d’entrer sur la piste : idéalement, il vous faudra scotcher vos phares, clignos, enlever vos rétros. La plupart des motards qui utilisent une moto de route pour faire de la piste sont souvent ceux qui manquent de moyen pour s'acheter une moto spécifique pour la piste, ou des pilotes débutants qui s'essayent à la piste. Attention cependant : la piste est un sport grisant, et il arrive souvent que les débutants se laissent déborder par leur envie de progresser, avec le résultat que vous imaginez.
Avec une moto de piste :
Ce sont des motos qui ont été modifiées et ne peuvent peu ou plus rouler sur route : pas de feux (ou alors minimalistes, histoire de…), de clignos, de rétros, parfois avec pneus slicks (interdits sur route), et, le plus souvent, une carte grise RSV. Elles sont souvent mieux préparées pour la piste (freins, pneus, etc...) et pour les éventuelles chutes (polys, protections diverses, etc...). Faire de la piste avec une moto 100% dédiée implique pas mal de compromis (A découvrir dans la suite du sujet)
Comment bien acheter sa moto de piste ?
Pour sa moto de piste, plusieurs démarches sont envisageables :
Acheter une moto de route avec Carte Grise : c'est une moto que vous avez décidé de préparer. Cette moto a obligatoirement une Carte grise française : sachez que, si vous voulez investir dans une moto de route et la préparer, le coût global risque d'être élevé (on peut rapidement atteindre 1000€ de préparation). Si vous la préparez, n'oubliez pas de garder les pièces d'origine. Ca vous permettra de revendre plus facilement la moto.
Acheter une moto de piste préparée avec Carte Grise : ce sont les plus recherchées : ces motos sont souvent déjà préparées par leur ancien propriétaire. Elles sont souvent relativement chères, ce qui est tout à fait normal (c’est un plus d’avoir une CG). N'oubliez pas de demander à ce qu'on vous remette les pièces d'origine éventuellement remplacées (carénages, pot, etc...) pour pouvoir la revendre correctement après. Il est également important de savoir que certaines compétitions n’acceptent que les motos avec Carte Grise.
Acheter une moto de piste avec Carte Grise étrangère (suisse, belge, anglaise...) : il arrive souvent que des vendeurs aillent chercher des motos à l'étranger pour les transformer en pistardes (les tarifs sont souvent plus bas chez nos voisins européens). Pour ne pas payer de frais d'immatriculation et pour éviter un passage ruineux aux Mines, ces motos ne sont jamais immatriculées par leur propriétaire et gardent leur CG étrangère. Ne fuyez donc pas par principe ces petites annonces : elles sont souvent moins chères que les autres motos et peuvent déboucher sur des occasions très intéressantes.
Acheter une moto de piste sans Carte Grise : rien de rédhibitoire, mais la prudence doit être de mise... Si c'est une moto qui n'a pas de Carte Grise et qu’il n’y a pas de dossier RSV et d'historique, fuyez ! La plupart du temps, ce sont des motos volées ou pas claires. Si la moto a un dossier RSV, vous pouvez vous y intéresser : les motos RSV sont des motos qui ont été déclarées épave et retirées de la circulation suite à un accident. Il arrive souvent qu'elles soient récupérées par des mécanos et remises au propre pour la piste (les pièces abîmées sont changées par de l'adaptable, souvent moins cher et/ou de meilleure qualité que l'origine). Le dossier RSV vous donnera un éclairage sur les dégâts subis par la moto et les réparations qui ont été nécessaires : la moto ne peut pas rouler sur route (Carte Grise bloquée), mais peut être tout à fait roulante pour la piste (exemple : une sportive dont tous les carénages ont été cassés/rayé dans un accident. Résultat : coût de réparation supérieur à la valeur du véhicule moto retirée de la circulation alors qu’aucun élément de sécurité n’a été touché). Ces motos sont souvent les moins chères sur le marché de l'occasion et peuvent être de très très bonnes occasions. Si la moto de piste a été refaite par un concessionnaire pistard, vous pouvez presque y aller les yeux fermés !
Si vous achetez une moto de piste, les points à surveiller sont nombreux : encore plus que pour l'achat d'une moto de route, vous devez être très pointilleux : une moto de piste, comme son nom l'indique, a fait de la piste, et elle a statistiquement eu plus de risques de chuter. Vérifiez absolument tout ! Cadre (soyez extrêmement vigilants si la moto est équipée de protection de cadre/carters... ça peut cacher un cadre poké ou rayé. Contrôlez aussi les soudures au niveau de la colonne de direction et des ancrages de la boucle arrière notamment), fourche (pas de traces de choc, tubes non voilés, pas de piqure de rouille, pas de fuite au niveau des joints spis), radiateur (regardez si les points de fixation ne sont pas tordus et si l’état général est bon), touchez le dessous du bras oscillant et des bras de fourche. (Si raboté(s), ça veut dire que la moto a chuté). Et vérifiez les pièces d'usure pour savoir si la moto est bien positionnée en prix (si le kit chaîne, les plaquettes, les disques etc... sont à changer, votre budget va souffrir !) : contrôlez donc s’il n’y a pas de points durs dans la direction également, l’état des disques (non creusés) et des plaquettes, l’état du kit chaine, etc…
N’hésitez pas non plus a passer vos doigts ou un chiffon partout sur la moto pour voir si il y a un fluide qui coule quelque part.
Une moto de piste ne roule pas sur route : elle doit donc être relativement propre. Une moto dégueulasse ne veut pas dire que c'est une poubelle, mais elle doit vous amener à être encore plus vigilant, car ça correspond la plupart du temps à un propriétaire peu soigneux. Traquez la moindre rayure, la moindre trace de choc (notamment les butées de direction, très révélatrices de chocs violents),
Côté moteur, celui-ci a forcément été matraqué. Mais matraqué ne veut pas dire maltraité. L’important, c’est de s’assurer que le propriétaire à assuré un entretien suivi de son moteur. En effet, avec une moto de piste, on sort du cadre d’un entretien normal (ex : vidange tous les 6 ou 10.000km). Sur une moto de piste, on se doit de réduire les intervalles d’entretien. Si vous ne ferez rarement plus de 2-3000km de piste dans une saison, il faut faire au moins 2 ou 3 vidanges (compter une vidange toutes les 4-5 sorties en moyenne. Un filtre à huile toutes les 2 vidanges. Et de l’huile de bonne qualité, qui tient bien à chaud. De la 10W50 en été par exemple). Idem pour le liquide de frein, le liquide refroidissement, etc… qui doivent être changés plus souvent.
Comme pour tout achat, bombardez le vendeur de questions pour voir s'il se contredit (notamment sur le nombre de sorties piste qu'il a fait avec sa moto), s'il a bien fait son entretien, sur ses chronos, etc...
Enfin, avant d'acheter, allez voir sur internet ou renseignez vous auprès de votre concess : certaines motos (notamment sportives) sont connues pour des maladies chroniques parfois très onéreuses (les moteurs des R6 carbu chez Yam, les boîtes de certains ZX6R chez Kawa, les ducati en général, les régulateurs et tendeur de chaines de distribution sur certaines Honda, les haut moteur sur certaines génération de sportive chez Suzuki, ...).